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Club
des poètes apparus |
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Marcel
Lozano
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L'amour c'est toi, c'est moi
L'amour c'est toi, c'est moi
et quelques roses
disait un poete amoureux.
Et s'envoler c'est quoi ?
Cent fois sur le métier tu recommenceras
disait le laboureur à ses enfants
Mille fois sous ta voile tu t'aventureras
Mais n'oublies pas!
Jamais ta garde tu ne baisseras.
Ta voile c'est de la magie
C'est un fauve aussi
On ne dompte pas un loup
Si tu ne comprends pas cela
Remplis ta gourde, passe ton chemin
Et surtout reste à terre.
Ta voile est mariée au vent
Tu ne fais que l'accompagner
Et si, prétentieux, tu crois l'avoir domestiquée
Vite, très vite, elle te rappellera
Qu'elle est une bête sauvage.
Et si un soir
Plus confiant qu'un autre
Tu t'aventures à croire
Qu'HOMME tu as vaincu les éléments
Regarde bien autour de toi
La faucheuse ne devrait pas être loin.
Tu serais bien inspiré
De t'imprégner d'humilité
Sur ce chemin là
Tu ne risques pas de glisser.
Sur ce chemin aussi tu croiseras
Ce sentiments merveilleux
D'être plus léger que l'air
De sentir le vent te carresser la joue
D'être toi
Rien et tout à la fois
Marcel Lozano 08/06/2006 |
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MARCHAND
DE REVES
Marchand de rêves
Je t’ai cherché
Et ne t’ai pas trouvé
Seul le marchand d’illusions
A croisé mon chemin.
Oh ! marchand d’égarements
Que peux-tu me donner,
En échange de ma bonne volonté ?
Il m’a laissé un brin d’alizé
Dans sa besace, enfermé.
Curieux; j’ai ouvert mon trophée.
Voilà le brin sitôt envolé
Et filant entre mes pieds.
Passant, si un jour tu vois une chimère
Accrochée à sa voile
Perchée, haut, dans le ciel
La mine perdue
Et semblant ne savoir où aller.
Passes ton chemin, tranquille.
C’est seulement mon espoir que tu regarderas.
Espoir têtu cherchant encore mes rêves
Et poursuivant mon brin d’alizé perdu.
Marcel Lozano 13 septembre 2003 |
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Chasse
Ce
matin j'ai été chasser.
Holà!
défenseur de mère nature
ne vous offusquez pas
ce n'était pas l'animal
que je traquais avec mal
Défenseurs
de morale
ne soyez pas offensés
la Belle, non plus, je ne débusquais.
Le
brouillard que le soleil déchirait
Présageait quelques belles bulles.
Et c'est elles que j'allais chasser.
Car
si aujourd'hui je me pique
De savoir chasser le thermique
C'est que souvent j'ai fait la nique
A la mort et à ses mimiques.
Mon
puissant cheval ailé
Vrombit son envie de voler
Et retient sa puissante poussée
Qui bientôt va m'arracher
De ce terrain tout mouillé.
Quelques
minutes .
une colonne d'ascendances
trahit sa présence
par les remous qu'elle provoque
A ma voile et son chargement
Mon
cheval ailé se cabre
Puis mord à cette ascendance
qui s'offre
résignée à subir
les assauts de ma voile effrontée.
Au
loin je vois quatre Buses
Elles tournoient et font les muses
Trahissant ainsi la présence
de celui que j'allais traquer.
Un THERMIQUE !!!
File,
Marcel, file
Et je jette mon aile sous elles
Dans cette colonne d'air plus chaud qu'autour
qui m'emporte en quelques secondes
à mille pieds au dessus des ondes.
Les
buses dérangées fuient
Ne vous sauvez pas , mes amies,
je ne vous veux point de mal
Sourdes à mes appels, et déjà loin
Elles me laissent là
Gracieuses dans leur légèreté.
Les
minutes passent. La promenade est douce.
Quand au loin j'aperçois
Un vol de grues argentées.
Une bonne trentaine
Peut être même quarante.
Tournoient dans une danse délicate.
Signant ainsi la présence
d'une belle ascendance.
Deux
gestes et trois regard
je suis déjà posté
Sous cette belle envolée.
Mais, à peine arrivé
Je les vois former un superbe V
Filant vers l'horizon
Me laissant sur le coup
Seul et tout pantelant.
Je
décide alors
De revenir au port
et là, je croise encore
Trois buses matamores.
Je
prends en chasse l'une d'elles
qui semblait bien chargée d'un trophée
Dans ses griffes acérées.
Etait-ce une musaraigne ?
Ce tableau m'inquiète:
La mort de l'une
poursuit la vie de l'autre.
Drôle d'équation
Qui ne me réjouit pas.
C'est pourtant le destin.
Je
la poursuis ainsi
quelques minutes infinies
puis renonce enfin
à cette rencontre sans lendemain.
Posé;
je me relève
Sur ma joue je reçois
la douce caresse du vent
Comme l'ultime baisé
D'une maîtresse adulée.
Marcel
LOZANO 5 mars 2003 |
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A
TEMPS TOT
Musaraigne,
Que ne savais-tu
Cherchant alors tes graines
Qu'un lointain descendant
Prendrait un jour le ciel
Comme terrain de jeu.
J'ai
gommé mes souvenirs
Je ne sais qui je suis
Le
fructidor est passé
Et avec lui le froid glacé
Mars nous arrive
Annonçant de longs vols
Et des repas frugaux
Comblant nos frustrations hivernales.
A
presque nuit tombée
Je m'envole
Laissant au sol
Les contraintes humaines.
Au
sol aussi
Une ombre fugace se dessine
Je m'en approche
C'est une biche
Difficilement visible
Dans ce moment entre chiens et loups.
Elle
attend l'instant favorable
Pour se nourrir de jeunes pousses
Sans y laisser sa vie.
De
haut, suspendu à mon garde-vie
Je l'observe un instant
Puis je m'éloigne
Me laissant emporter
Par une vague de vent
Qui semble me dire
Ne reste pas ici
Malgré toi, tu l'apeures.
Etrange
instant
Où ma mémoire
Communie avec le passé
Et refuse le futur
Non ! je ne veux retourner à terre.
Et je bois à cette gourde de vue
Quelques gouttes de ce paradis si tôt perdu.
Marcel
LOZANO 5 mars 2003 |
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Bonjour
CC
Eh
! moi aussi je suis magicien.
J'ai cherché la formule.
je te la confie:
Avec ton paramoteur, tu voles au dessus d'un bois Québéquoi.
Tu poses à l'orée de ce bois.
De préférence à l'aube ou à l'aurore.
Mais surtout pas en pleine journée.
Tu vas y chercher une fleur qui ne se montre qu'à ces heures
là.
Elle est rare mais facile à reconnaître.
Ses pétales sont en forme de bonheur.
Son parfum s'appelle sérénité.
Elle pousse sur un lit de tendresse.
Tu ne cueilles pas la fleur entière, mais tu lui prends une
seule pétale.
Et pour la remercier tu lui laisses une de tes larmes posée
sur ses
étamines.
En repartant, si tu en trouves, cueilles un brin de gentillesse.
Et, en chemin, essaie aussi de trouver une plume de duvet d'aigrete
argentée.
Si tu le peux, ajoutes-y du pollen d'Alicante.
On en trouve souvent près des grottes des sages dans la contrée
de l'Espoir.
Après cela, rentres chez toi, assieds toi près d'un
feu de bois.
Prends toute cette cueillette dans tes mains.
Serre la doucement et fermes les yeux.
Le visage de celui que tu attends apparaîtra lentement.
Tends lui la mains.
S'il te tend la sienne, l'heure du bonheur est enfin venue pour
toi.
S'il ne te voit pas c'est qu'il n'est pas encore temps.
Essaie,
pour voir !
Amicalement
Marcel
14 janvier 2003 |
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Miroir
C'est
un soir comme les autres
Où la Terre file vers sa destinée
Dans le vide presque' absolu
Emportant avec elle
Des milliards de vies
Nées du néant
Allant on ne sait où
Le
soleil est radieux et part se coucher
Enveloppant pour quelques minutes encore
Le ciel irisé et les derniers nuages opalins
Seuls
et pourtant si nombreux
Nous voguons malgré nous
Sur ce radeau improvisé
Filant à travers l'infini
Broyant nos joies et nos malheurs
Sourd à nos cris d'espérance
Quel
est cet être qui nous abrite ?
Est-il doué de raisonnement ?
Parfois,
haut dans le ciel
Il me plait à penser
Qu'à l'image d'une cellule faisant partie de mon corps
Je fais partie de la Terre
La composant sans le savoir
Et partageant, malgré moi, son ultime destinée.
Pourquoi
sommes nous si acharnés
A vouloir nous en détacher ?
Est-ce cela notre destinée ?
Naître pour quitter notre Terre-mère
Est-ce pour cela que c'est uniquement dans les cieux
Que nous sommes si heureux ?
Insolent
hasard
Chargé de tant d'âmes
De tant de solitudes
Et de sordides destinées.
Que
ne me tortures tu.
Marcel
Lozano 3 octobre 2002
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Si
j'étais courageux
Si
j'étais courageux
Je peindrais le tableau
Qui m'a frappé ce soir.
Si j'étais courageux
Je vous prendrais la main
Pour vous faire partager
Cet instant qui se fige
En mon être
Pour le temps de ma vie
En
plein vol, je suis frappé
Ces couleurs,
Ce vent
Mes yeux sont envahis
Mon être aussi
Je
vole
Le ciel bleu
Les nuages
Le soleil couchant
Je vole
Quand
soudain
A mes yeux émerveillés
S'offre un spectacle inespéré
Quatre perles surgissent du ciel
Parachutistes
Elles éclosent violemment
Comme autant de fleurs nées
Dans le frais clair obscur
Du soir charmant qui tombe
Au
sol, je prends ma plume
Comme autant de pinceaux
Que j'emplis de couleurs
Aussi rares que de précieuses-pierres
Voilà en face de moi
Le soleil couleur d'ambre
Et une fleur qui s'ouvre en plein ciel et dévoile
Son éclat rouge-rubis
Sous cette voile une vie
Et une autre qui éclot
Aux couleurs de saphir étincelant
Là aussi une vie
Une autre encore d'un bleu aigue-marine
Une autre, et une autre encore
Vert-émeraude, violette-améthyste, bleu-turquoise
Vert de jade, noir-onyx
Sous chacune une vie
Et
que n'en ais-je vu
Des couleurs en plein ciel
Et que je suis heureux
De les voire encore
Je remercie le ciel
De m'avoir
Dans mon aveuglement
Donné un peu de vue
Pour voire ces choses là
Car
vous, belle effarouchée
je ne vous vois pas
A chacun de mes vols
Je cours après vous
Et je vous cherche encore,
Quand je reviens au sol.
Sublime DESTINEE
Marcel
Lozano 18 juillet 2002
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| La
muse du troubadour
Avez vous vu la muse du troubadour
Ce soir , je l'ai croisée
Et , pour un instant volé
je me suis fait troubadour
Et , pour mon plus grand bonheur
Elle m'a montré tous ses atours
Sur mon cheval ailé
je me suis harnaché
Dès ma première envolée
Elle s'est pudiquement dévoilée
Et a effeuillé, un à un, tous ses vêtements.
J'ai vu son chandail
Fait de blé et de paille.
Puis ses épis de maïs
et sa robe de colza
Ses champs qui n'en finissent pas
Ses bosquets d'arbres en fleurs
Ses fouines traversant les sentiers
Ses points d'eau se prélassant sous le vent
Comme autant de grains de beauté
Sur une peau couleur de lait.
Comme
elle me sentait un peu frêle
De voir tant de choses belles
Elle m'a envoyé quelques hirondelles
Pour me donner sa carte de visite
Je n'ai pas rejeté cette invite.
Comme
la nature est belle
Quand elle s'offre ainsi épanouie
Ce
soir j'ai trahi ma femme
Avec la plus belle des maîtresses
Elle ne me le pardonnera pas
Mais aucun remord ne m'envahira d'avoir ainsi fait ce pas.
Puis
il a bien fallu atterrir
Et, quand je me suis posé
J'ai vu le regard émerveillé
De celui qui m'avait accompagné
Claude, mon ami rebel, tu n'avais pas rêvé
Ce soir nous avons bien visité
Sur nos chevaux ailés
Le pays enchanté.
Marcel
Lozano 8 juillet 2002
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| Basse-Ham
2002
Basse
Ham ! Ah Basse Ham !
Dimanche
19h30.
Après
avoir bu un verre offert chez lui par notre ami Jean Claude Ludwig
et son épouse, nous nous retrouvons sur le terrain pour
un déco avec atmosphère lourde, chaude et vent zéro.Claude
ouvre le bal.
1er
essai : sa voile de 33m² monte paresseusement puis retombe;
refusant à Claude la clé du jardin des Dieux. Claude
est en sueurs. Moi aussi.
2è
essai : "Alors, tu me regardes, lui dis-je, et tu vas où
je te montre!
D'accord" Réponse: un OUI franc et net.Iahhhhh !!!
Claude pousse tout ce que ses 95 kg de muscles et de chair peuvent
pousser. Mais vent zéro c'est vent zéro. Et la voile,
lamentablement lui signe son refus de vol.Je serre les dents.
Visiblement ce n'était pas de la mauvaise volonté
de mon ami Claude.
3è
essai, on fait autre chose : Tu as besoin de "poussée".
A peine la voile sera soulevée, tu mettras pleins gaz quand
je te le dirai. Je vois Claude dans un intense concentration.
A ce moment son poids accusait déjà une perte de
300 à 500grammes d'eau qui avait muté dans ses vêtements
trempés.Je le vois, à son tour, serrer les dents,
puis, brutalement IL MET LA PATATE !
La voile était prête à nous rejouer son scénario
et à retomber. Je lui dis VAS Y, mets la poussée
moteur MAINTENANT!! Cette poussée salvatrice finit par
avoir raison de la réticence à monter de la voile.Et
je vois notre beau Claude commencer à courir harmonieusement
et, tel un albatros lourdement chargé, s'arracher lentement
, lentement de la planète. COURE,
coure ENCORE. La voile ne lutait alors plus contre notre entêtement
à voler.Et notre ami Claude s'envole majestueusement vers
le jardin des Dieux.
Ouf
! c'est mon tour, maintenant. Et en bi-place, et avec mon fils
de 95 kg.
Avez vous déjà essayé de décoller
sans vent, par une fin d'après midi très
chaude et lourde et avec un passager de 95kg. La routine; quoi!!
1er
essai : on met la patate. Rien n'y fait. Jean Claude nous aide
à remettre la voile en place.
2ème
essai et 300 grammes d'eau en moins. Les gouttes de sueur tombent
sur mes lunettes. La voile refuse encore.Subitement , dans la
vallée de Basse Ham et jusqu'au Château de Manderen
un hurlement s'est fait entendre : "Y A PAS D'RAISON POUR
QUE CA NE MARCHE PAS".
Marcel le patient avait, pour un court instant et par une poussée
violente d'adrénaline, cédé la place à
Marcel le colérique.Ni une, ni deux. On pousse. A peine
la voile la voile levée d'1/4, j'envois une poussée
moteur. Et, à notre tour, tel un lourd pélican au
bec chargé de poissons et d'eau, nous nous levons.
Malheureusement
je sens une faiblesse au moteur en pleins gaz. Impossible de rejoindre
mon ami Claude qui n'est déjà plus qu'un point à
l'horizon.
Craignant
une panne moteur, je vole en local.Je m'approche de 2 mongolfières
et leur fait "coucou". On se ballade , on est contents.Au
bout d'une heure je vois mon ami Claude revenir et musarder près
des mongolfières puis atterrir. Je pose aussi.Claude court
vers nous. Il sautille. D'abord sur deux jambes, puis sur une
jambe, puis sur 2 mains, puis sur 1 mains, puis SANS LES MAINS
(euh !).
C'est
le bonheur ! c'est le bonheur ! n'arrête-t-il pas de dire.
Le bonheur
ça rend fou... de joie.On se quitte heureux et repus.En
avant première nous avons bénéficié
du site de Basse Ham, de la Moselle et son cours d'eau qui file
en méandre majestueuses. des péniches qui la parcourent;
de la verdure et de la plaine Mosellane.
MERCI
BASSE HAM
Marcel
Lozano lundi 17 juin 2002
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Histoire
de Temps
Je
suis passé
Pour être un présent
Dans ton futur
Mais que suis-je à présent
Sinon un passé composé
Et ce passé n'est pas simple
Il est d'ailleurs plutôt imparfait.
Alors je m'en vais chercher le temps
Dans un futur antérieur.
A présent
Marcel
Lozano 21 février 2002
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Le goéland
As
tu vu le vol du goéland
je le regarde
Figé dans le vent
Les ailes largement ouvertes
Comme un équilibriste
Il tangue de droite à gauche
Parfois scrutant le sol
Souvent le regard perdu vers l'océan.
As
tu vu le vol du goéland
Je le vois ainsi
Suspendu entre ciel et terre
Lourd de son poids et léger comme l'air
Est-il triste ou bienheureux
Il
semble chercher l'inaccessible
Près
de lui je m'approche
De mon aile de voile
Je cherche à toucher ses ailes de plumes
Mon regard croise le sien
Nos deux destinées, un instant, se rapprochent
Son regard semble me dire
"c'est ici mon royaume
Vois, droit devant toi; la mer qui donne et reprend à la
fois
Vois, sous toi; la terre fertile et aride à la fois
Vois, sur toi ; le soleil qui réchauffe et brûle,
parfois
Que viens tu faire là ?
Te parler. Te demander comment faire pour, comme toi
voler au gré des alizés et ainsi, tout au long de
l'année, me laisser
emporter
autour de ma terre bien aimée.
C'est
facile, dit-il
j'écarte mes ailes et je sens le vent.
Et
basculant d'un coup d'aile, il me quitte sans mot dire, sans maudire
je le vois s'éloigner
vers une autre destinée
Mais où vas-tu, oiseau
Tu es mon frère
je veux te ressembler
je veux avoir ta grâce et ta fragilité
D'une main hésitante, je tire ma poignée
Mon aile plie à son tour
et j'essaie de me rapprocher
de ce frère inespéré.
Il se retourne et me regarde encore
Ses yeux me disent
Tu es terre, je suis ciel
Jamais nous ne pourrons nous ressembler
Et
de quelques coups d'ailes
s'éloigne, enfin, sans plus me regarder.
As-tu
vu le vol du goéland
Semblable au rêve, il me transit
Comme l'acte d'amour
Il fige mes pensées.
Je voudrais tant l'imiter
Un
jour, peut être
je serai goéland
et comme lui, et pour l'éternité
je volerai et volerai encore
Sans jamais me poser.
Marcel
Lozano 24 janvier 2002
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LE
VIDE
Loin
de tous ceux que l'on aime
Être seul c'est quoi ?
C'est ressentir le vide
C'est ressentir l'absence
Pourtant, quand; assis sous ma voile
Je me retrouve seul
Au dessus de moi l'infini
Au dessous de moi le vide
Je ne me sens pas seul
Je communie avec la vie
Je me rapproche de mon rêve
Et comme la biche assoiffée
Bois à longues gorgées
L'eau qui perpétue sa vie;
Quand le vole
Je bois au sein de ma terre.
Et retrouve mes rêves d'enfant.
Marcel Lozano 23 février 2002.
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| Bonne soirée.
Salut
à tous,
Pascal (weber); ta lombalgie t'a cloué au sol.
Alors comme tu es mon copain, je vais essayer de te faire partager
ce soir et te faire voler en pensées.
Dans ma voiture déjà, j'étais tout frétillant,
car tout au long du chemin, quels que soient les indices; tout
présageait déjà d'une très bonne soirée.
Le plaisir serait au rendez vous. Les amis aussi.
Arrivé au terrain, un petit vent doux me caresse le visage.
Un frisson de plaisir me parcourt l'échine. Je mets le
nez au vent. Je sors, vite mon matériel. Quelques minutes,
je suis déjà harnaché. Alain arrive. Egoistement,
je ne prends pas le temps de m'arrêter. En deux mots, trop
pressé de prendre l'air, je lui dis "je te laisse
te préparer, j'atterris quand tu es prêt". Et
comme dirait Vadim "ET HOP", quelques pas et j'étais
en l'air. Je fendais le vent et ma tête commençait
à se remplir de rêves. Je vais à droite, je
vais à gauche; furetant; béat de plaisir. Voilà
une soirée qui s'annonce très bonne. L'adulte s'effaçait,
l'enfant prenait le dessus.
Quelques minutes encore Alain était prêt. J'atterris;
je l'aide à déplier sa voile. Il s'harnache, il
s'envole. Ne voulant perdre une seconde de plus je cours vers
ma machine à faire du rêve; m'harnache à mon
tour. Et comme dirait toujours mon ami Vadim "ET HOP"
me voilà encore en l'air.
Et le ballet commence. Je croise Alain, il me suit, je le suis;
il va à droite, je vais à droite, il va à
gauche. On passe au dessus d'un village (RETONFEY), il prend des
photos, je le croise, il prend encore des photos. Les minutes
s'enchaînent, le plaisir aussi. Au bout d'un moment Alain
atterrit. Il a froid.
L'enfant en moi est encore trop présent. Je refuse d'atterrire.
Je continue encore, je vole, je vole et je vole encore. Pas pressé
d'atterrire le pote marcel. Egoistement encore je prends du plaisir.
A droite, à gauche, le long de l'autoroute, un peu haut,
un peu bas.
Et au bout d'un moment, presque contraint, je finis par atterrir.
Beau petit arrondis.
Mes chaussures de ville se souviendront de cet atterrissage. Trop
pressé de partir j'avais oublié de prendre mes chaussures
de marche. Enfin, tant que je n'oublie pas ma tête.
En vol, ma tête s'était remplie de nouveaux souvenirs,
de nouvelles pensées. J'ai des poèmes, comme ça,
qui , sans aucun effort s'enchaînaient , se créaient.
Un peu de nostalgie du temps passé. Comme j'aimerais avoir
trente ans. Et puis non; on est bien à son âge.
Après l'atterrissage, c'est comme la cinquième mi-temps.
On va maintenant reprofiter du plaisir qu'on a eu en l'air et
échanger nos impressions.
Alain marche vers moi, je marche vers lui. Nos sourires en disent
long. C'est le sourire des gens heureux. On discute, on discute.
On refait le monde, Quoi. On tisse des liens invisibles.
Au bout d'un moment on avait froid. Alain avait oublié
de mettre ses gants pour décoller. Moi c'est mes chaussures
que j'avais oublié.
On décide de rentrer. Je promets à Alain de te faire,
à toi et nos amis, le récit de notre vol; pour vous
le faire partager.
J'espère que la semaine prochaine ta lombalgie sera passée
et qu'à ton tour tu pourras, sur la liste, faire profiter
à tous nos amis, de ces bon temps qu'on passe en Lorraine.
Allez, maintenant tu peux dormir. Et, j'en suis sûr, fais
de beaux rêves. Pour ma part il n'y a pas de doute.
Ce soir j'ai bien fait d'abandonner lâchement mon boulot.
La vie est trop courte.
Et ma tête pleine de rêves.
Marcel
Lozano le 17 octobre 2001
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Frustation
Je m'étais approché près de toi mon doux rêve. Cette journée
aurait pu s'achever ainsi.
18 heures; je prends mon appareil. Une douce brise me caresse
les joues. Fébrile, je hâte mes contrôles afin de profiter des
derniers soufflesd'Éole. Quelques pas; me voilà arraché de terre.
Enfin libre; direction le Domaine des Dieux (j'ai été voir.
Ils ne sont jamais là. Toujours en vacances les Dieux). Décollage
Sainte Barbe (Moselle) destination Boulay sur Moselle (Moselle on
s'en doutait).
8 litres de coco dans mon réservoir. Je pars tranquille. Le
temps est clément. Je peux fureter entre la route et la forêt.
Au passage, je croise quelques villages typiques de la Moselle.
Je ne vole pas très haut; histoire de réveiller quelques vieux
loups, qui, endormis, n'auraient pas encore sauté dans leur
sellette.
Arrivé Boulay; demi-tour. même trajet dans le sens inverse.
Plus bas, cette fois. La brise est douce; la vie est belle. Mais
que la vie est belle !!! Parfois quelques cyclistes (au féminin)
me font signe de leur main. Je suis assez bas pour distinguer leur
formes évocatrices. Courtois (hum!) je leur réponds immédiatement.
Non ! vraiment, la vie est belle. Le temps est passé. J'ai
consommé plus de 7 litres de coco. Il est temps d'atterrir. Ce que
je fais. Je reste quelques minutes, goûtant la tranquillité, le
silence et le plaisir d'un beau vol du soir.
Mais voilà que. Je n'étais pas posé depuis 5 minutes que
j'entends au loin, le bruit caractéristique du paramoteur d'un de
mes compères. Je lève le nez et m'étrangle. En haut, superbe;
filant dans le soleil couchant une voile jaune (enfin je crois
qu'il y avait aussi un peu de rouge). Au sol, ma pomme et mon demi
litre d'essence; insuffisant pour redécoller et le rejoindre.
J'hésite. M'a-t-il vu ? Je cours vers ma manche à air Je la
replante; vite. Va-t-il atterrir ? on va pouvoir parler et refaire
le monde quelques instants.
MAIS AU LIEU DE CELA, celui que je croyais être des miens m'ignore
superbement. C'est vrai que , quelques instants avant, j'étais son
égal. Mais , maintenant et dès la première seconde où j'avais
retouché le sol, j'étais devenu un rampant et lui restait, du haut
de sa hauteur, béni parmi les Dieux. Il ne m'a pas vu. Il ne m'a pas
vu !!! Il continue sa trajectoire, passant à moins de 500 mètres de
moi; de mon appareil qui n'est pas encore rangé; de ma manche à air
sortie pour l'accueillir; de mon sourire qui se fige. Mais que
fait-il ?? Je cours, je fais des grands gestes. Tels un singe
essayant de le tirer du bout de mon bras. Mais s'il est petit au
bout de mon bras, c'est qu'il est loin. Je ne peux l'attraper. Je
cours encore et m'égosille. Tel Ulysse attaché à son mât, il
passe attaché à son parapente.
Ohé du paramoteur. Que vous êtes joli, que vous me semblez haut!
Mes bras retombent; lourds de mon impuissance. Et comme Ulysse
n'écoutant pas le chant des sirènes. Il est passé non loin, sourd
à mes appels.
Il avait sûrement mis aussi ses bouchons de cire (non pas pour
être sourd, mais pour ne pas l'être). Je le regarde passer en
direction de Metz. Il était à ma gauche, il revient cette fois,
à ma droite. Il ne me voit toujours pas. Il a fait un longue
boucle et repart vers Boulay. J'essaie en vain de le rattraper en
voiture. A terre, le chemin n'est pas le même.
Las; j'abandonne et comme "Le renard et les raisins" dans la
fable; je m'écrie : "ils sont trop verts et bons pour des goujats".
Je rentre chez moi, jurant que, la prochaine fois, je garderai un
bidon de réserve de 5 litres de coco.
Alain MAAS, si c'est toi qui est passé au dessus de ma tête. Je te
promets que la prochaine je redécolle et je te rattrape.
Marcel
Lozano le 01 aout 2001
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